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Portraits de Pro – Croqu’la vie –

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Bienvenue sur notre rubrique « Portraits de Pros » !

Dans cette série d’articles, nous mettons en avant les professionnel·le·s du réseau de la Graine. Chaque article vous présentera le(s) professionnel·le·s, la structure ainsi qu’une idée du parcours, des valeurs, des activités/services et des projets en cours.

Les professionnel·le·s présenté·e·s font partie du réseau de la Graine, ce qui signifie qu’iels partagent les valeurs et les engagements définis dans la charte et qu’iels acceptent le paiement en Graine !

Chaque article est co-élaboré entre le ou la professionnel·le et l’équipe de la Graine. Les questions sont de nous, les réponses leur appartiennent ainsi que les photographies !

Si vous êtes un·e des professionnel·le·s du réseau de la Graine et que vous souhaitez être mis·e en avant dans notre rubrique « Portraits de Pros » , rien de plus simple ! Il vous suffit de remplir ce formulaire et le portrait est lancé !

Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de Thomas LEVEL sur sa ferme, localisée à Saint-Christol dans l’Hérault. Thomas, producteur de spiruline à Saint-Christol depuis 2014, raconte sa reconversion après la restauration. Aquaculteur en eau douce, il cultive la spiruline BIO et défend le local face aux importations. Avant de découvrir sa spiruline fraîche, Thomas nous fait déguster son projet et sa passion.

Vous avez aussi accès au podcast de la rencontre dans lequel vous découvrirez plus de détails de ces échanges.
Alors bonne lecture et bonne écoute !

Plic, Ploc, Splatch, Plouf

Des bassins pour une spiruline croqu'la vie !

Avant de nous lancer, peux-tu nous partager ta météo du jour ?

Aujourd’hui, dehors, c’est gris. Mais ma météo intérieure, elle est excellente : je suis en pleine forme. Pour la spiruline, une journée grise, c’est une journée “relax” : elle se nourrit de lumière et de chaleur. La chaleur, ça va, mais la lumière manque un peu, donc elle se met au repos, elle n’est pas en croissance exponentielle comme lors des grosses journées de soleil. Et c’est bien aussi : elle souffle.

Découvrez le podcast de la rencontre avec Thomas

Peux-tu te décrire ?

Moi, c’est Thomas. Je viens d’ici, de cette terre. Je suis producteur de spiruline depuis 2014. J’ai 53 ans… peut-être 54, je ne sais pas trop, et ce n’est pas très important.
J’ai eu plusieurs parcours professionnels. Avant, j’étais dans l’alimentaire : je gérais des restaurants. Et puis j’ai fait une reconversion autour de l’agriculture, suite à la consommation de spiruline et surtout à la rencontre d’un producteur : il était mon fournisseur au départ, et il est devenu en partie mon formateur. Après avoir vendu mes restos, je me suis lancé. C’est une histoire de rencontre avec un aliment… et avec quelqu’un qui le produit.

Peux-tu nous décrire ton activité ?

Mon activité, c’est une ferme à spiruline. Je suis même considéré comme un aquaculteur en eau douce : je fais partie de la même grande famille que les producteurs de truites, les ostréiculteurs, etc., sauf que moi c’est de l’eau douce et des micro-organismes. D’ailleurs, ça ouvre aussi l’accès à certains dispositifs de financement via des fonds européens liés à l’aquaculture.
Ma ferme est située à Saint-Christol, entre Montpellier et Nîmes, dans l’Hérault. J’ai deux serres type tunnel et quatre bassins. Et j’aime bien leur donner des noms : Plic, Ploc, Splatch et Plouf.
La spiruline, pour expliquer simplement, c’est une micro-algue, mais plus précisément une cyanobactérie. Le mot peut faire un peu peur, mais celle que je cultive n’est pas toxique. C’est un aliment extrêmement riche, souvent présenté comme un super-aliment. Elle pousse naturellement dans des lacs alcalins subtropicaux, en eau douce. Elle a besoin de lumière (photosynthèse) et de chaleur, et sa couleur vert intense vient de sa richesse en chlorophylle.
J’ai commencé en 2014 avec une première ferme expérimentale sur le territoire du Pic Saint-Loup, à Sauteyrargues, pour me tester en production et en commercialisation, avec un statut de cotisant agricole qui m’a été utile pour démarrer. Et je suis installé à Saint-Christol depuis 2018, grâce à la confiance et la bienveillance des élus locaux qui m’ont permis de m’implanter sur le Pays de Lunel. Dans une reconversion agricole, surtout sur un produit “un peu à part” comme la spiruline, ce soutien compte énormément.

Pourquoi avoir rejoint la Graine ?

Croqu’la vie a  rejoint la Graine parce que ça correspond à ce que nous faisons : du local, du circuit court, et de la cohérence. La spiruline, à l’échelle mondiale, vient majoritairement de Chine (on parle souvent d’environ 80%). Moi, je la produis ici, à Saint-Christol. Alors travailler aussi avec une monnaie locale, c’est dans la même logique.

J’ai découvert la Graine lors d’un événement où nous avions confectionné  des menus à la spiruline (spiramisous, spinakotas…). On m’avait expliqué le fonctionnement, et ensuite j’ai vu que sur les marchés, notamment à Montpellier, des collègues l’acceptaient aussi. Et puis, franchement, les billets sont magnifiques, ils donnent envie de les utiliser.

AS-tu des projets à mettre en valeur en ce moment?

Oui, un projet que je peux dévoiler, c’est le développement d’une production de goji. J’ai fait des tests, des boutures, et j’ai une parcelle d’environ un hectare sous/près des serres que j’aimerais utiliser pour ça.
L’idée est simple : la spiruline a énormément de qualités, mais elle a une limite connue, c’est qu’elle manque de vitamine C. Du coup, j’aime l’associer à des sources de vitamine C comme l’acérola, et demain j’aimerais pouvoir proposer une association encore plus cohérente avec du goji (et pourquoi pas un assemblage spiruline + acérola + goji). Je suis encore en phase de mise au point, mais c’est une piste qui m’enthousiasme.

as-tu un message à faire passer à ceux qui nous lisent ?

Mon message, c’est : “Spiruline croqu’ la vie.” Et surtout, si vous avez la chance d’avoir un producteur près de chez vous, essayez la spiruline fraîche.
La spiruline, généralement, on la trouve déshydratée, parce que c’est ce qui permet de la conserver. Mais quand on est proche géographiquement, on peut consommer une spiruline non déshydratée, récoltée tout récemment. Et là, l’expérience est différente : c’est un aliment très assimilable, très “vivant”, et on profite pleinement du fait que c’est un produit de saison, au moment de la récolte.

Concrètement, on peut venir la récupérer à la ferme ou sur les marchés de Montpellier. Je ne la mets pas en magasin en frais, parce que la chaîne du froid est trop délicate, mais des gens s’organisent (glacières, relais entre clients, achats groupés). Et ça, je trouve ça beau : c’est du lien, du local, du bon sens… exactement l’esprit circuit court et de la Graine !

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