PORTRAITS DE PRO KESAKO ?
Bienvenue sur notre rubrique « Portraits de Pros » !
Dans cette série d’articles, nous mettons en avant les professionnel·le·s du réseau de la Graine. Chaque article vous présentera le(s) professionnel·le·s, la structure ainsi qu’une idée du parcours, des valeurs, des activités/services et des projets en cours.
Les professionnel·le·s présenté·e·s font partie du réseau de la Graine, ce qui signifie qu’iels partagent les valeurs et les engagements définis dans la charte et qu’iels acceptent le paiement en Graine !
Chaque article est co-élaboré entre le ou la professionnel·le et l’équipe de la Graine. Les questions sont de nous, les réponses leur appartiennent ainsi que les photographies !
Si vous êtes un·e des professionnel·le·s du réseau de la Graine et que vous souhaitez être mis·e en avant dans notre rubrique « Portraits de Pros » , rien de plus simple ! Il vous suffit de remplir ce formulaire et le portrait est lancé !
Aujourd’hui, nous rendons visite à Angélique Burel, gérante d’HQE Paysage et Fondatrice du réseau Aux Environs. Voici le Portrait de Pro d’Angélique qui vous fera découvrir ses passions et son activité de paysagiste conseil pour votre jardin et vos espaces verts.
Cet article est rédigé à partir de l’interview réalisée lors d’une rencontre dans un co-working de Montpellier. Vous avez aussi accès au podcast de la rencontre dans lequel vous découvrirez plus de détails de ces échanges.
Alors bonne lecture et bonne écoute !
Angélique Burel
Jardins durables & réseau engagé pour un futur plus vIVANT.
Peux-tu te décrire ?
Je m’appelle Angélique Burel, j’ai 34 ans, je suis paysagiste conseil et j’habite à Montpellier depuis 2018. Je suis originaire d’Aix-en-Provence. J’ai choisi Montpellier pour son dynamisme, sa proximité avec la nature et la richesse de sa flore méditerranéenne. Depuis mon arrivée, j’ai développé mon activité autour de l’aménagement durable et écologique des espaces verts, en mettant l’accent sur la biodiversité et la gestion raisonnée des ressources.






Peux-tu nous décrire ton activité ?
Mon activité de paysagiste conseil consiste à accompagner principalement des particuliers (environ 80% de ma clientèle), mais aussi des entreprises, des résidences sociales, des associations ou des mairies, dans la conception et l’aménagement de leurs jardins ou espaces verts. Ma démarche est résolument tournée vers le durable : je privilégie des aménagements pérennes, qui respectent la biodiversité, optimisent la gestion de l’eau et limitent l’apport de ressources extérieures comme la terre végétale ou les minéraux.
Je refuse les jardins de gravier, le gazon synthétique (qui est une aberration écologique, surtout sur de grandes surfaces), et je mets un point d’honneur à éviter la pollution aux microplastiques. Mon approche est très personnalisée : j’analyse les besoins et les usages du client, son mode de vie, son goût pour le jardinage, mais aussi les caractéristiques du terrain (type de sol, exposition, disponibilité en eau, localisation). À Montpellier et dans ses environs, les sols varient énormément : argileux à Saint-Gély, sableux en bord de mer, très drainants vers le Pic Saint-Loup. Cette diversité impose une adaptation fine des choix végétaux.
Je propose aussi beaucoup de pédagogie sur l’environnement, le changement climatique, et les adaptions nécessaires pour son jardin : il est essentiel de remettre les bonnes pratiques au cœur des projets, de déconstruire les idées reçues et d’expliquer que le jardin sans entretien n’existe pas. Le jardin, c’est du vivant, et le vivant demande de l’attention, surtout au début.
Découvrez le podcast de la rencontre avec Angélique
Pourquoi avoir rejoint le réseau de la Graine ?
J’ai rejoint le réseau de la Graine dans une volonté de créer un écosystème professionnel et humain autour de valeurs communes : l’environnement, le respect du vivant, le local, la dimension sociale. J’ai découvert la Graine via le réseau RSE Occitanie, lors d’une soirée de présentation. Ce qui m’a tout de suite plu, c’est la possibilité de rencontrer des personnes qui partagent cette appétence pour l’environnement, que ce soit pour des collaborations professionnelles ou simplement pour échanger sur nos pratiques et nos visions.
La Graine, ce n’est pas seulement un réseau économique, c’est aussi un « réseau social et environnemental ». On y trouve des gens qui veulent faire ensemble, faire commun, donner du sens à leur activité. Pour moi, c’est essentiel de sortir de la logique du “chacun dans sa boîte” et de retrouver de l’ouverture, de la liberté, du lien social. La monnaie locale, portée par la Graine, s’intègre aussi dans une démarche RSE et permet de renforcer l’ancrage local de nos activités.
AS-tu des projets à mettre en valeur en ce moment?
À court terme, j’ai lancé le réseau “Aux Environs”, un écosystème d’entreprises et d’acteurs engagés pour l’environnement à Montpellier. L’idée est simple : se retrouver une fois par mois autour d’un verre, échanger, partager, tisser des liens. Il existe beaucoup de réseaux professionnels, mais très peu sont centrés sur l’environnement. Je veux créer un espace où l’on peut vraiment faire ensemble, trouver des artisans, des fournisseurs, des agriculteurs locaux, et sortir de l’isolement du télétravail.
À long terme, mon ambition est de voir émerger un véritable écosystème d’entreprises et d’entrepreneurs qui partagent ces valeurs, pour recréer du lien social, de l’humanité, de la beauté, de l’émerveillement. Je rêve d’un monde où l’on ne se contente pas de copier-coller des aménagements standardisés, mais où chaque projet est pensé pour le vivant, pour la diversité, pour l’avenir.
Je suis aussi très attachée à la question de la formation dans le métier de paysagiste. Aujourd’hui, il n’y a pas de diplôme obligatoire pour ouvrir une entreprise de paysage, et la qualité des formations baisse. Cela conduit à une uniformisation des aménagements (“gravier + olivier pompon + géotextile + gazon synthétique”), ce que je déplore. Je milite pour une meilleure reconnaissance des compétences et pour une approche plus respectueuse du vivant.
as-tu un message à faire passer à ceux qui nous lisent ?
Oui, un message très simple : sortir. Aller dehors, marcher, observer, se poser des questions. Qu’est-ce que ça me fait de regarder un arbre qui prend le soleil ? Quelles sensations en marchant dans les feuilles ? On vit dans une société de plus en plus individualiste, centrée sur le bien-être personnel, mais on oublie souvent l’émerveillement de l’enfance, la connexion au vivant.
Après des heures devant un ordinateur, notre corps et notre esprit ont besoin de nature. Sortir, bouger, aller à la rencontre des vivants, c’est la clé la plus simple pour être heureux. Il faut retrouver cette capacité à s’émerveiller, à s’ouvrir aux autres, à sortir du “métro-boulot-dodo”. C’est aussi ça, la philosophie du jardin : accompagner le vivant, lui donner les bonnes bases, puis le laisser s’épanouir.
en Bonus , Peux-tu nous parler de l' alternative au gazon ?
Le gazon anglais, façon green de golf, est une hérésie écologique dans notre région méditerranéenne : il consomme énormément d’eau, n’apporte aucune biodiversité, demande un entretien constant (arrosage, tonte, scarification, engrais…). Je propose des alternatives basées sur des mélanges de plusieurs plantes, certaines ressemblant au gazon, d’autres non, qui rampent, fleurissent, offrent des feuillages variés.
Ces alternatives se plantent en mottes ou se sèment, couvrent le sol en un à trois ans, demandent très peu d’arrosage et de tonte (une à deux fois par an maximum, voire pas du tout). L’entretien est plus important la première année (désherbage), mais ensuite, c’est beaucoup plus simple qu’un gazon classique. Le coût d’implantation peut être plus élevé, surtout sur de grandes surfaces, et l’aspect sera moins vert en été, mais la biodiversité et la résilience du jardin sont incomparables.
