PORTRAITS DE PRO KESAKO ?
Bienvenue sur notre rubrique « Portraits de Pros » !
Dans cette série d’articles, nous mettons en avant les professionnel·le·s du réseau de la Graine. Chaque article vous présentera le(s) professionnel·le·s, la structure ainsi qu’une idée du parcours, des valeurs, des activités/services et des projets en cours.
Les professionnel·le·s présenté·e·s font partie du réseau de la Graine, ce qui signifie qu’iels partagent les valeurs et les engagements définis dans la charte et qu’iels acceptent le paiement en Graine !
Chaque article est co-élaboré entre le ou la professionnel·le et l’équipe de la Graine. Les questions sont de nous, les réponses leur appartiennent ainsi que les photographies !
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Aujourd’hui, nous partons près du Grand Pic Saint-Loup, à la rencontre de Marie-Agnès qui a fait de sa sensibilité au vivant un métier : entretien de jardin et cours de permaculture à domicile, avec une attention constante à la biodiversité. Entre coopérative (Escapad), monnaie locale (la Graine) et projets de réhabilitation, elle défend une écologie concrète—celle qui se pratique au quotidien, au bout du jardin.
Alors bonne lecture et bonne écoute !
“Prenez soin de votre extérieur”
une sensibilité au vivant au cœur d’Hortus Vivant
Avant de nous lancer, peux-tu nous partager ta météo du jour ?
Aujourd’hui, c’est un jour spécial… c’est mon anniversaire. Donc ma météo intérieure est plutôt joyeuse, ensoleillée, légère — comme le temps dehors. Une belle météo, une fois par an, mais celle-ci fait du bien.
Peux-tu te décrire ?
Je suis Marie-Agnès, et ce n’est pas toujours facile de se décrire, mais je dirais que je suis une passionnée… ou plutôt une “sensible de la nature”, de ce qui nous entoure. Depuis toute petite, j’ai grandi dans une forêt, avec mon chien. J’ai toujours eu une connexion très forte au vivant : les insectes, les oiseaux… et surtout les arbres. J’aime beaucoup les arbres.
Cette sensibilité m’a orientée dans mes études : j’ai fait un BTS Gestion et protection de la nature, puis une licence de biologie à Montpellier, et un master en écologie, toujours à Montpellier. L’idée, au fond, c’était d’apprendre à mieux connaître le vivant — et aussi à mieux le protéger.
Ensuite, j’ai eu plusieurs expériences dans le développement durable et l’animation. Et à un moment, j’ai eu besoin de passer à quelque chose de plus concret : on parle beaucoup d’environnement, mais moi je voulais agir, et transmettre, dans la vraie vie.
C’est là que j’ai découvert la permaculture, un peu par hasard, via une vidéo d’entreprise. Et ça a fait tilt : si on rend les jardins particuliers “plus vertueux”, à petite échelle, alors on peut créer un impact plus grand. À la base, je rêvais de travailler dans des parcs naturels, faire des observations… mais il faut des places, et surtout j’avais envie d’un terrain d’action à ma portée. Alors je me suis formée, avec des cours certifiés en permaculture, et petit à petit j’ai construit ce projet.
Peux-tu nous décrire ton activité ?
Mon entreprise s’appelle Hortus Vivant. “Hortus”, c’est une montagne du coin où j’habite, dans le secteur du Grand Pic Saint-Loup, qui fait face au Pic Saint-Loup. Mais “hortus”, en latin, signifie aussi jardin. Et donc “Hortus Vivant”, c’est littéralement “jardin vivant” : un nom qui relie le territoire, le vivant… et un petit clin d’œil au latin, que j’ai beaucoup pratiqué.
Concrètement, je propose deux grands types de prestations :
- L’entretien de jardin, au sens assez classique : taille, tonte, désherbage… mais avec une vraie attention aux conséquences sur la biodiversité. Je ne fais pas “tout couper” mécaniquement. J’essaie d’adapter les interventions, de respecter davantage ce qui vit là : les plantes, les insectes, les oiseaux, les équilibres.
- Des cours de permaculture à domicile, directement dans le jardin des gens. L’idée, c’est de les aider à comprendre ce qu’ils ont sous les yeux, à retrouver du plaisir à observer. Parfois c’est très simple : reconnaître une plante comme le plantain et savoir que ça peut calmer des piqûres de moustiques, par exemple. Et ensuite, on peut aller plus loin : réfléchir ensemble à améliorer un espace, choisir des plantes adaptées, co-construire des aménagements.
Je m’adapte beaucoup : certains clients veulent juste un entretien “classique”, d’autres sont très réceptifs et veulent apprendre, expérimenter. J’aime aussi les jardins un peu exubérants, mais je sais que tout le monde ne peut pas vivre dans une jungle, donc je fais en sorte que ce soit agréable, praticable, cohérent.
Côté matériel, je travaille avec des outils électriques sur batterie : ce n’est pas une solution miracle, mais au moins c’est moins bruyant, et souvent plus confortable pour les clients… et le voisinage.
Je suis basée à Saint-Gély, et je me déplace dans un rayon d’environ 20 km : Montpellier, Les Cresses, Juvignac, Grabels, Murles… J’ai un camion pour les outils et l’évacuation, donc j’essaie de rester dans un périmètre cohérent, même si je garde aussi des clients sur Montpellier.




Pourquoi avoir rejoint la Graine ?
Rejoindre la Graine, ça me semblait cohérent avec ma façon de voir les choses : semer, jour après jour, une autre manière de faire de l’économie. Revaloriser le travail local, recréer du lien sur un territoire, et se réapproprier ce que représente la monnaie dans nos échanges.
Et puis je fais partie d’une coopérative d’activité et d’emploi, Escapad. Je suis indépendante, mais dans un cadre collectif : on partage des outils, un accompagnement, un esprit de coopération tout en gardant son autonomie dans l’organisation du travail et des clients. Escapade a adhéré à la Graine, et ça fait sens : économie locale, économie sociale et solidaire, coopération… tout est lié.
J’ai même une autre casquette : je travaille aussi pour la coopérative, comme chargée de vie coopérative. J’accompagne des entrepreneurs qui démarrent, j’aide sur les aspects d’offre commerciale, certaines obligations de sécurité au travail, et je représente Escapade sur des événements, comme des salons.
AS-tu des projets à mettre en valeur en ce moment?
Oui : je suis en train de réhabiliter un jardin abandonné depuis des années. Des travaux ont été faits dans une maison, et beaucoup de choses ont été jetées dehors. Je me retrouve avec des gravats, du plastique, des objets qui n’ont rien à faire là… Donc je passe du temps à retirer, trier, évacuer, parfois morceau par morceau. C’est un travail de longue haleine.
Mais c’est enthousiasmant, parce qu’on part de très loin : pour l’instant il y a beaucoup de “matières inertes”, et l’objectif c’est de redonner de l’espace, et surtout de la vie. Je dois aussi faire des choix sur la végétation : qu’est-ce qu’on coupe, qu’est-ce qu’on garde, comment on imagine la suite… C’est presque un travail de fourmi, pas toujours agréable, mais le résultat commence à se voir, et ça fait plaisir.
À moyen/long terme, j’aimerais aussi m’impliquer davantage dans des projets locaux, communaux, autour de la permaculture urbaine ou collective. Et je réfléchis à une formation en conception/design de jardin, pour proposer un accompagnement encore plus poussé dans l’aménagement.
La réhabilitation un jardin abandonné depuis des années




as-tu un message à faire passer à ceux qui nous lisent ?
On entend souvent “Prenez soin de vous”. Moi, j’ai plutôt envie de dire : “Prenez soin de votre extérieur.” Prenez plaisir à retourner dans votre jardin, à y faire revenir la vie — avec des fleurs, des pollinisateurs, des oiseaux. Oui, parfois c’est long, on ne voit pas tout de suite les résultats… mais le jeu en vaut vraiment la chandelle.
Il y a énormément de potentiel dans nos espaces extérieurs, et beaucoup de choses sont à notre portée. Un jardin vivant, ce n’est pas un idéal inaccessible : c’est une somme de petits gestes, et une attention au vivant.
