PORTRAITS DE PRO KESAKO ?
Bienvenue sur notre rubrique « Portraits de Pros » !
Dans cette série d’articles, nous mettons en avant les professionnel·le·s du réseau de la Graine. Chaque article vous présentera le(s) professionnel·le·s, la structure ainsi qu’une idée du parcours, des valeurs, des activités/services et des projets en cours.
Les professionnel·le·s présenté·e·s font partie du réseau de la Graine, ce qui signifie qu’iels partagent les valeurs et les engagements définis dans la charte et qu’iels acceptent le paiement en Graine !
Chaque article est co-élaboré entre le ou la professionnel·le et l’équipe de la Graine. Les questions sont de nous, les réponses leur appartiennent ainsi que les photographies !
Si vous êtes un·e des professionnel·le·s du réseau de la Graine et que vous souhaitez être mis·e en avant dans notre rubrique « Portraits de Pros » , rien de plus simple ! Il vous suffit de remplir ce formulaire et le portrait est lancé !
Aujourd’hui, nous rendons visite à Céline Gastine, animatrice, formatrice de la Fresque de la Finance et membre de l’association L’Atelier du Déclic. Voici le Portrait de Pro de Céline, une actrice engagée, qui nous partage son parcours, ses projets et sa vision d’une finance au service du bien commun. Cet article est rédigé à partir de l’interview réalisée lors d’une rencontre dans un co-working de Montpellier. Vous avez aussi accès au podcast de la rencontre dans lequel vous découvrirez plus de détails de ces échanges.
Alors bonne lecture et bonne écoute !
Céline Gastine
Réconcilier la finance et le vivAnt.
Peux-tu te décrire ?
Je m’appelle Céline Gastine, je suis maman d’un petit garçon de 9 ans qui m’inspire et me pousse à grandir chaque jour. Mon parcours professionnel a débuté dans la finance, où j’ai passé près de 20 ans en salle de marché, un univers très codifié, majoritairement masculin, rythmé par la négociation de produits financiers, six écrans et trois téléphones. Par ailleurs, j’étais aussi référente green, responsable des investissements socialement responsables (ISR) et membre du comité RSE. Malgré ces engagements, j’ai ressenti une dissonance profonde entre mes valeurs personnelles et la réalité de mon métier. C’est ce qui m’a poussée à me réinventer. J’ai alors suivi une formation à Dauphine en entrepreneuriat social et solidaire (ESS), ce qui m’a permis de découvrir d’autres horizons et de m’engager dans des projets plus alignés avec mes convictions. J’ai aussi été professeure de tango argentin, une expérience qui m’a appris l’écoute, la connexion à l’autre et l’importance du collectif.




Peux-tu nous décrire ton activité ?
Aujourd’hui, ma raison d’être est de « réconcilier la finance et le vivant ». J’ai la chance de comprendre les codes de la finance traditionnelle et ceux de l’économie sociale et solidaire, ce qui me permet de jouer un rôle de médiatrice entre ces deux mondes. Concrètement, j’ai participé à la création de la « Fresque de la Finance », un atelier de sensibilisation et d’information inspiré de la fresque du climat, mais dédié à la finance. Cet atelier vise à expliquer de façon pédagogique le fonctionnement de la finance, son interface avec l’économie réelle, son impact sur le système Terre, et surtout à donner des clés d’action pour réorienter les capitaux vers des valeurs plus alignées avec nos convictions. J’interviens auprès de banques, d’assurances, de grandes entreprises, de PME, mais aussi auprès du grand public. J’anime régulièrement des ateliers à Paris et à Montpellier, et je me déplace dans d’autres villes sur demande ou lors d’événements. Mon activité ne s’arrête pas à la sensibilisation : j’accompagne aussi les organisations dans la mise en place d’actions concrètes après les ateliers, et je donne des conférences inspirantes sur mon parcours, pour montrer qu’il est possible de changer les choses de l’intérieur, sans forcément tout quitter.
Découvrez le podcast de la rencontre avec Céline
La Graine est-elle un levier économique dans ton approche ?
La Graine, c’est une monnaie locale qui incarne parfaitement la philosophie que je défends. Elle permet une traçabilité totale de l’argent : chaque euro converti en Graine reste au service de l’économie locale, finance des projets locaux et favorise la résilience des territoires. C’est rassurant pour les citoyens, les entreprises et les collectivités, car on sait exactement à quoi sert l’argent. Dans la Fresque de la Finance, je mets en avant les monnaies locales comme une solution concrète et complémentaire au système financier traditionnel. Elle ne prétend pas remplacer la finance mondiale, mais elle offre une alternative crédible pour ceux qui veulent agir à leur échelle et redonner du sens à l’usage de leur argent. Rejoindre le réseau de la Graine, c’est aussi rejoindre une communauté engagée, qui partage des valeurs de solidarité, de transparence et de responsabilité.
AS-tu des projets à mettre en valeur en ce moment?
Oui, j’ai lancé récemment un atelier intitulé « L’argent fait-il ton bonheur ? ». Ce projet est né de mon propre cheminement : j’ai longtemps eu un salaire élevé en salle de marché, mais je n’étais pas heureuse. J’ai constaté que beaucoup de personnes autour de moi, pourtant privilégiées financièrement, ne l’étaient pas non plus. Cet atelier propose de questionner notre rapport à l’argent, d’explorer nos besoins fondamentaux (il y en a six) et de réfléchir à la place que l’argent occupe dans notre vie. Je m’appuie aussi sur les travaux de Peter Koenig, qui a beaucoup étudié la relation à l’argent. L’atelier se déroule en groupe de 15 à 20 personnes, car la dynamique collective est très puissante pour ce type de réflexion. La prochaine session aura lieu le mercredi 25 février à Montpellier, de 18h30 à 20h30. L’inscription se fait simplement par LinkedIn ou par mail (reconcilier@celinegastine.fr), et le tarif est en prix libre et conscient, chacun donnant ce qu’il souhaite à la fin de l’atelier, en fonction de ce qu’il a reçu et de sa situation financière. J’espère pouvoir démultiplier ces ateliers à Montpellier dans d’autres villes prochainement.
as-tu un message à faire passer à ceux qui nous lisent ?
Oui, j’aimerais rappeler que l’argent a un impact majeur sur le vivant, même si on a tendance à l’oublier parce qu’il est dématérialisé. Chaque euro placé sur un compte en banque peut financer des projets qui ne sont pas en accord avec nos valeurs, parfois même des projets climaticides, sans que nous en ayons conscience. Il est donc essentiel de se renseigner sur la destination de son argent, de questionner son banquier ou son assureur, et d’exprimer ses valeurs. Les banques et les institutions financières peuvent être à l’écoute de leurs clients : plus nous serons nombreux à demander de la transparence et de la cohérence, plus elles évolueront. Enfin, j’aimerais dire que l’argent n’est pas un but en soi, c’est un moyen. Il peut être utilisé pour le pire comme pour le meilleur. À chacun d’agir, en tant que citoyen, collaborateur ou épargnant, pour que son argent serve ce en quoi il croit. Osons questionner, osons agir, et surtout, n’oublions pas que nous avons tous un pouvoir d’influence, même à petite échelle.
