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Portraits de Pro – Le Marché Gare –

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Bienvenue sur notre rubrique « Portraits de Pros » !

Dans cette série d’articles, nous mettons en avant les professionnel·le·s du réseau de la Graine. Chaque article vous présentera le(s) professionnel·le·s, la structure ainsi qu’une idée du parcours, des valeurs, des activités/services et des projets en cours.

Les professionnel·le·s présenté·e·s font partie du réseau de la Graine, ce qui signifie qu’iels partagent les valeurs et les engagements définis dans la charte et qu’iels acceptent le paiement en Graine !

Chaque article est co-élaboré entre le ou la professionnel·le et l’équipe de la Graine. Les questions sont de nous, les réponses leur appartiennent ainsi que les photographies !

Si vous êtes un·e des professionnel·le·s du réseau de la Graine et que vous souhaitez être mis·e en avant dans notre rubrique « Portraits de Pros » , rien de plus simple ! Il vous suffit de remplir ce formulaire et le portrait est lancé !

Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de L’équipe du Marché Gare.  Réservé aux professionnels, le Marché-Gare de Montpellier, aussi appelé MIN (Marché d’Intérêt National), reste largement méconnu du grand public. Pourtant, chaque nuit, producteurs, grossistes et transformateurs y alimentent en produits frais une grande partie des commerces de proximité. Avec une particularité revendiquée : ici, l’objectif n’est pas le dividende, mais l’intérêt du territoire.
Alors bonne lecture et bonne écoute !

Le marché gare de Montpellier

un « service public de l’alimentation » qui travaille pendant que la ville dort

Marché Gare 1977

Rencontre avec Gwenaëlle, une responsable “terrain” pour nous faire connaître le MIN

Gwenaëlle, 34 ans, est responsable du développement commercial au Marché-Gare de Montpellier depuis quatre ans. Son parcours est atypique : formée en droit de la distribution et de la concurrence, elle a ensuite créé avec son frère une entreprise de livraison de produits locaux à destination des restaurateurs, implantée directement sur le site du marché-gare. Cette expérience “terrain” l’a conduite à rejoindre les équipes de la structure, au plus près des opérateurs et de leurs réalités quotidiennes.

Marché-gare ou MIN : quelle différence ?

La question revient souvent : parle-t-on de la même chose quand on dit “marché-gare” ou “MIN” ? En pratique, oui. “Marché-gare” est le nom historique, lié à l’époque où la marchandise arrivait massivement par fret ferroviaire. “MIN”, lui, correspond au statut juridique : Marché d’Intérêt National, accordé par l’État par décret.

La comparaison avec Rungis vient naturellement, mais elle a ses limites. À Montpellier, la structure est gérée par une SEM (Société d’Économie Mixte) : une gouvernance avec des administrateurs, et une majorité d’acteurs publics — notamment la Métropole et la Ville de Montpellier. Ici, pas de dividendes à verser : l’organisation suit une feuille de route publique, assumant une mission de service public.

Découvrez le podcast avec l'équipe du MIN

À quoi sert le MIN dans la chaîne d’approvisionnement ?

Le rôle principal du Marché-Gare est simple à énoncer : faire se rencontrer l’offre et la demande dans des conditions organisées, transparentes et efficaces.
Côté offre, trois grandes catégories :

  • Les producteurs, qui vendent leur propre production,
  • les grossistes, qui font de l’achat-revente (auprès de producteurs ou d’autres grossistes),
  • les transformateurs, qui fabriquent un produit fini à partir de matières premières.

Côté demande, les acheteurs sont exclusivement des professionnels : primeurs, boulangers, bouchers, fromagers, épiceries fines, commerces de proximité, supérettes, mais aussi les professionnels des marchés de plein vent.

Autrement dit, si le particulier n’achète pas directement sur site, il bénéficie indirectement de ce système via les commerçants de quartier.

Pourquoi tout commence si tôt ?

Le marché-gare fonctionne quand la plupart des habitants dorment. Les acheteurs professionnels entrent vers 5h du matin, avec des horaires encadrés. Mais avant eux, les grossistes arrivent dès minuit ou 1h, pour préparer leurs “cases” (leurs magasins) et mettre en place une présentation attractive des produits. Le site vit aussi grâce à des lieux de rencontre comme la brasserie, où se croisent opérateurs et acheteurs au fil des arrivées.

Une “centrale d’achat”, oui… mais avec d’autres valeurs

Monsieur Olivier Lauro, directeur général de la SEM (SOMIMON MERCADIS) gestionnaire du Marché Gare, rappelle l’esprit fondateur des MIN dès 1953 : alléger les circuits de distribution pour viser le meilleur prix — à la fois le plus bas pour le consommateur et une rémunération juste pour le producteur.

Face à la montée en puissance de la grande distribution, le MIN revendique une différence majeure : il crée les conditions d’une concurrence équitable, notamment grâce à une égalité logistique (loyers comparables, localisation similaire, accès identique au foncier). Pour lui, la concurrence principale n’est pas le supermarché du coin, mais bien les centrales d’achat.

Monsieur Lauro insiste aussi sur le choix : là où une grande surface proposera un nombre limité de références, le MIN met en avant une diversité bien plus large (exemple évoqué : plusieurs dizaines de variétés de tomates), et une gamme couvrant différents niveaux de prix et de qualité, sans imposer un “produit national” unique.

Et puis il y a un autre point : l’outil numérique de la Graine. Il rend l’usage plus simple (paiement par téléphone), peut toucher une population plus adepte du digital, et permet de sortir une partie des échanges du circuit bancaire classique, dans une logique que je trouve plus vertueuse.

Circuit court, proximité et poids du local

Le circuit court est incarné par le carreau des producteurs, où l’on retrouve des producteurs présents plusieurs fois par semaine : un seul intermédiaire sépare alors producteur et consommateur final, le commerçant indépendant. Au-delà, les grossistes travaillent également avec des producteurs régionaux, renforçant des circuits de proximité.

Sur l’ensemble des filières, une part importante des produits distribués provient du Sud de la France (Occitanie et Provence), avec un ordre de grandeur annoncé autour de 40 à 50 %. Autour du MIN se construit aussi un écosystème d’emplois : transport, maintenance industrielle (groupes froids, machines), comptabilité, services support, etc. 
Un outil territorial, au sens plein.

Le pôle transformation : produire, tester, innover

Le MIN de Montpellier développe un pôle transformation récent, orienté vers des emplois à plus forte valeur ajoutée. Deux types d’outils sont proposés :

  • des ateliers privatifs loués à l’année,
  • un atelier partagé (laboratoire équipé) louable à la journée ou à la semaine pour des besoins ponctuels, de la production par lots, ou même de la R&D pour des jeunes entreprises.

Plusieurs exemples illustrent cette dynamique : une légumerie au service de la restauration collective (lavage, découpe, pré-cuisson), un fabricant de mozzarella artisanale à partir de lait de bufflonne d’Occitanie, ou encore une fabrication de tofu bio à partir de soja régional. Le pôle reflète aussi une tendance de fond : l’essor des produits végétaux (fermentations, tempeh, glaces végétales).

Mais pourquoi le MIN vous concerne les citoyen.ne.s?

Même si le Marché-Gare de Montpellier (MIN) est réservé aux professionnels, il impacte directement votre quotidien :

Dans notre assiette : il approvisionne les primeurs, épiceries, marchés de plein vent, fromagers, bouchers… donc une partie des produits que vous achetez en ville et dans les communes alentours.
Plus de choix : le MIN offre une diversité de références (variétés, origines, gammes de qualité) que l’on ne retrouve pas toujours en grande distribution.
Prix et concurrence : en organisant une concurrence “sur un même site”, le MIN vise un prix cohérent pour le consommateur et une rémunération juste pour le producteur.
Produits d’ici : une part importante des volumes vient du Sud de la France (Occitanie/Provence), via producteurs locaux et circuits de proximité.
Cantines et restauration collective : des acteurs du site (ex. légumerie) alimentent aussi la restauration collective (écoles, collèges, lycées).
Économie locale : au-delà des aliments, il fait travailler transporteurs, maintenance, services support et contribue à l’emploi sur le territoire.

Le MIN et le Graine pourquoi comment?

Depuis cette année, une convention a été signée entre La Graine et le Marché-Gare de Montpellier (MIN). Un rapprochement cohérent avec ce qui est exprimé lors de cette rencontre : le MIN se présente comme un outil au service du territoire,  avec une majorité d’administrateurs publics, et porteur d’une mission de service public. Il vise notamment à animer une concurrence équitable, à soutenir les circuits de proximité (carreau des producteurs, approvisionnements locaux des grossistes) et à favoriser l’emploi local plutôt qu’une logique de dividendes. Dans ce cadre, la monnaie locale apparaît comme un levier concret pour renforcer l’écosystème.

Concrètement, la circulation de la Graine au sein du MIN peut s’appuyer sur plusieurs usages : le paiement de loyers entre des professionnel·les et le Marché-Gare, le règlement des droits d’entrée par les professionnel·les, et, à plus long terme, le développement de paiements en Graine pour certains services mobilisés sur site (logistique, stockage, prestations entre opérateurs), dans une logique de relocalisation des flux économiques sur le territoire;

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