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Éclats de projet – Marie Astic –

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Bienvenue sur notre rubrique « Éclats de projet » !
Vous connaissez certainement les « Portraits de Pro » de la Graine, une série d’articles qui vous fait découvrir les professionnel·les du réseau.
Avec « Éclats de projet », l’idée est d’aller encore plus loin avec chacun·e d’entre eux·elles.
Entrer dans le détail de leurs projets, découvrir leurs passions et plonger dans les motivations du moment : telles sont les idées directrices de cette nouvelle série d’articles et podcasts !
Avec « Éclats de projet », vous avez le choix : vous pouvez les lire, les écouter, les relire ou les réécouter, à votre rythme.
Chaque article est co-élaboré entre le ou la professionnel·le et l’équipe de la Graine.
Si vous êtes membre du réseau de la Graine et que vous souhaitez être mis·e en avant dans notre rubrique « Portraits de Pro/Association/Utilisateur·ice » ou « Éclats de projet », rien de plus simple ! Il vous suffit de nous contacter à contact@lagraine34.org, et nous trouverons un moment pour nous rencontrer.
En attendant, bonne lecture et bonne écoute !

 

« Le soleil dans le cœur et le soleil à l’extérieur. » C’est par cette météo du jour, simple et lumineuse, que Marie ouvre l’échange. À 41 ans, installée à Sauve et très souvent en déplacement à Montpellier, elle développe une activité à deux facettes : naturopathie spécialisée en micronutrition et sélection de miels (apithérapie). L’occasion de faire le point sur son parcours, sur la fraude au miel, sur la question du bien être animal et sur son projet de boisson naturopathique.

Alors bonne lecture et bonne écoute !

Marie ASTIC

« Soleil au cœur, miel en tête »

Depuis notre portrait de PRO en 2024, Où en es-tu ?

 Je me suis spécialisée en naturopathie  et en micronutrition (vitamines, minéraux, carences) tout en continuant  l’apithérapie (miel et produits de la ruche). J’ai aujourd’hui , 41 ans, j’habite à Sauve, mais je suis très souvent à Montpellier, notamment pour mes activités autour du miel et mes points de vente.

Peux-tu parler de ton activité autour du miel ?

Je sélectionne du miel auprès d’apiculteurs locaux : Gard, Hérault, Ardèche, et je vais aussi jusqu’en Drôme. Je privilégie le local, et quand je peux, je propose aussi des miels rares ou atypiques Par exemple du miel de fenouil, de rhododendron, de bruyère cendrée.Plus rarement, il m’arrive d’avoir du miel de l’étranger (NDLR : Découvrez l’histoire dans le podcast !), mais dans tous les cas quand je sélectionne un miel c’est que j’ai rencontré l’apiculteur.ice et que j’ai toute confiance dans son approche. Il y a tant de fraude avec le Miel en France !

Découvrez le podcast de la rencontre avec Marie

Tu dis que tu luttes contre la fraude. de quoi parles-tu ?

En France, il peut y avoir jusqu’à 22 % de fraude et Il y a deux cas  bien connus:
Pour le premier, nous parlons du miel synthétique, fabriqué à partir de sirop de glucose et fructose, auquel on ajoute du pollen. Le pollen, c’est un peu la carte d’identité du miel : avec quelques grains, certains faux miels passent des analyses simples.
Pour le deuxième, j’entends du miel de basse qualité qui est coupé, parfois importé, réexporté via un pays (par exemple l’Espagne) pour « prendre » une législation, puis revenir avec une autre étiquette.

Coment peut-on repérer ces Fraudes ?

C’est très difficile. On entend souvent qu’on ne peut pas le reconnaître au goût ou à l’aspect : je ne suis pas entièrement d’accord, mais il faut rester prudent.
Il y a des petits indices : observer la cristallisation avec le temps, ou faire le test du sopalin : une cuillère de miel posée dessus peut faire une auréole plus rapide s’il y a beaucoup d’eau ou de sirop.
Mais la vraie fiabilité, ce sont les analyses poussées : pesticides, antibiotiques, métaux lourds, hygrométrie… Un miel ne doit généralement pas dépasser 18 % d’eau (sauf exceptions). Sans analyses, c’est compliqué. c’est pour cela que je vais rencontrer les apiculteurs et observer leurs pratiques. Si je vois une personne seule avec des milliers de ruches, je me dis que ça ressemble à un rythme industriel : ça ne me plaît pas.
Je regarde aussi les traitements utilisés (le varroa, etc.), à quel moment ils sont faits — pas pendant les miellées — et avec quels produits. Certains traitements sont parfois indispensables, mais tout est question de pratiques et d’éthique.

Le miel est-il compatible avec le bien-être animal ?

On me demande souvent si le miel est végan : pour moi, la réponse est non. Mais j’ai un grand respect des animaux et pour les abeilles cela dépend vraiment de ce qu’on fait avec elles
On peut les exploiter ou prendre soin des colonies, encourager la biodiversité et leur « sauvetage ». On ne doit prendre qu’une partie du miel. L’idée est d’en laisser suffisamment pour l’hiver. Je pose aussi la question du sucre : parfois on nourrit, mais en apiculture « puriste », le sucrage se fait en hiver, hors miellées.
Acheter du miel en circuit court, c’est aussi une façon de soutenir des apiculteurs engagés, qui œuvrent pour la préservation des colonies et la protection de la biodiversité. J’en ai eu une belle illustration lors d’un voyage au Danemark : j’y ai découvert un miel produit par un apiculteur syrien, réfugié politique. Il travaillait au sein d’une coopérative et installait ses ruches dans les jardins botaniques de Copenhague. Ce projet alliait à la fois l’accueil des personnes, le respect des abeilles et la valorisation d’un savoir-faire unique. C’est exactement ce genre d’initiatives que j’aime mettre en avant.

Tu te définie comme Naturopathe mais la micronutrition : « c’est une spécialité ? »

Oui. Je me définis comme une naturopathe scientifique : comprendre quelle molécule agit sur quoi. Je travaille sur les carences (vitamines, minéraux), les excès de toxines, et les symptômes associés, pour soulager et accompagner.
Mon approche est basée sur l’envoie un questionnaire d’environ 50 questions (habitudes de vie, alimentation, stress, environnement). Ensuite je reçois la personne 1h à 1h30. On construit un protocole : alimentation, hygiène de vie, et parfois compléments choisis avec soin (qualité, sans additifs).
Je travaille en accord avec le médecin, je ne fais pas de diagnostic, et je ne suis pas contre l’allopathie : c’est utile en ponctuel.

Pour terminer cette rencontre, où en est ton projet de boisson ?

Mon projet de boisson est actuellement en stand-by, mais comme tu peux le voir, je continue d’approfondir le sujet. Tout ce dont nous avons parlé est lié !
Je suis de plus en plus convaincue que cette boisson revitalisante est nécessaire. Je l’ai conçue pour favoriser la récupération et l’énergie au quotidien : prévenir les courbatures, recharger l’organisme en vitamines et minéraux. Elle contient du miel, de la spiruline, de l’eau… et quelques ingrédients secrets !
Cependant, le projet est pour l’instant en pause, le temps que je trouve un financement de quelques milliers d’euros. D’ailleurs, la Graine Solidaire, que nous avions lancée, est toujours d’actualité !

CONTACTER Marie