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Portraits d’Adhérent.e – François Mistral –

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 Bienvenue sur notre rubrique « Portraits du réseau de la Graine » !

Dans cette série d’articles, nous mettons en avant les professionnel·le·s, les associations et les utilisateurs et utilisatrice du réseau de la Graine. Chaque article vous présentera une personne, ainsi  que son parcours avec la Graine, de ses  valeurs, de ses activités/services et des projets en cours.

Les personnes présenté·e·s font partie du réseau de la Graine, ce qui signifie qu’iels partagent les valeurs et les engagements définis dans la charte !

Chaque article est co-élaboré entre  la personne et l’équipe de la Graine à partir d’une capture sonore que nous réalisons lors de notre rencontre. Les questions sont de nous, les réponses leur appartiennent ainsi que les photographies !

Si vous souhaitez participer  à un portrait, rien de plus simple, il vous suffit de nous contacter !

Dans ce « Portrait d’Utilisateur », nous rendons visite à  François, père de famille, bibliothécaire et habitant du  Crès, pour partager son expérience avec la monnaie locale La Graine. Un témoignage concret sur son engagement et celui de sa famille dans l’utilisation de la Graine dans leur quotidien.

Cet article est rédigé à partir de l’interview réalisée lors de notre rencontre. Vous avez aussi accès au podcast de la rencontre dans lequel vous découvrirez plus de détails de ces échanges.
Alors bonne lecture et bonne écoute !

François Mistral

une famille engagée avec La Graine

peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis père de famille, j’ai bientôt 45 ans, j’habite au Crès, dans l’Hérault, et je travaille dans la fonction publique comme bibliothécaire. J’ai quatre enfants : une grande de 16 ans, un garçon de 15 ans, une fille de 12 ans et un plus jeune de 9 ans.

Qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser à La Graine et aux alternatives locales ?

 Le constat des problématiques environnementales, sociales et mondiales est évident pour nous. On s’intéresse à tout ce qui est alternatif, à comment faire avec plus de sobriété, d’écologie, de décroissance. Parmi les gros problèmes, il y a la financiarisation et la marchandisation de toutes nos activités. Toutes les initiatives qui permettent de s’extraire un peu de cette « prison », j’ai envie de les expérimenter. Les monnaies locales en font partie. Et puis, familialement, on s’est aussi intéressés aux éducations alternatives, à la réflexivité dans nos choix parentaux, à sortir du courant mainstream.

Découvrez le podcast de la rencontre avec François

Comment as-tu découvert La Graine et comment s’est passée ton adhésion ?

 J’ai vu apparaître La Graine comme monnaie locale de l’Hérault il y a quelques années. Je me suis dit « on va essayer d’adhérer ». Ça s’est fait sans difficulté technique. Au début, j’ai échangé des euros contre des graines au comptoir de la Biocoop du Crès, à L’Aile du Papillon. J’ai fait un chèque, on m’a donné de très beaux billets de graines, et j’ai payé mes courses avec. Je l’ai fait deux ou trois fois, mais faire des chèques, ça me cassait un peu les pieds.

Et ensuite, tu es passé à l’application mobile ?

Oui, l’association m’a contacté pour m’informer des changements. J’ai découvert l’application mobile, et là, c’était super pratique. Je pouvais charger des graines avec ma carte bleue, sans avoir à faire des chèques. Puis, j’ai découvert le paiement par QR code à la Biocoop : tu ne sors rien, ni carte bleue, ni argent, c’est magique ! J’ai trouvé ça génial, hyper simple, hyper facile.

Toute la famille utilise-t-elle La Graine ?

Oui, j’ai installé l’application pour ma femme Julie, puis pour ma fille Joséphine. Je lui ai même chargé un « start package » de 50 graines pour qu’elle commence à utiliser La Graine. On a chacun un compte indépendant, mais on peut s’échanger des graines très facilement, par QR code. Par exemple, si j’ai dépensé mon budget Biocoop et qu’il reste des graines sur le compte de Julie, elle me fait un virement instantané. C’est bien plus simple que les applications bancaires classiques.

Comment gérez-vous le budget familial avec La Graine ?

On a mis en place un mandat SEPA : tous les 10 du mois, 200 euros sont versés automatiquement sur mon compte et celui de Julie. C’est à peu près ce qu’on dépense à la Biocoop chaque mois. Si besoin, on fait un appoint. L’application permet de structurer notre approche, d’évaluer précisément le budget mensuel, et de gérer les échanges familiaux en toute simplicité.

As-tu une anecdote à partager sur l’utilisation de La Graine ?

 Oui, avec Joséphine, notre grande. On n’a jamais trop donné d’argent de poche, mais avec La Graine, on peut lui en donner en étant certain qu’elle ne va pas le dépenser au McDo, par exemple. Je lui dis : « Je veux bien financer certaines de tes activités en ville, mais je te vire de la graine, pas des euros. » Comme ça, je sais qu’elle va aller dans un café local qui accepte La Graine, passer un bon moment avec ses copines, et soutenir l’économie locale. C’est aussi une manière de sensibiliser les enfants à l’économie circulaire et à la consommation responsable.

Quels sont vos commerces de prédilection pour utiliser La Graine ?

Principalement la Biocoop, car on est à mi-distance entre deux magasins. On est aussi adhérents d’une AMAP, d’abord à Montpellier, maintenant à Jacou, avec les mêmes producteurs. Les produits sont d’une fraîcheur incomparable, cueillis le jour même. Même un navet du paysan, je le mange sans difficulté, alors qu’avant je n’aimais pas ça ! On privilégie vraiment le bio et les circuits courts, même si le supermarché est à 100 mètres de chez nous.

As-tu des idées pour développer La Graine dans la région ?

 Oui, j’aimerais que notre petit comité d’entreprise, par exemple, offre des graines en fin d’année au lieu de tickets cadeaux. Ça garantit que l’argent va soutenir l’économie locale. J’essaie aussi de distiller l’idée autour de moi. Et pour le développement du réseau, c’est important que les utilisateurs locaux fassent remonter leurs suggestions de commerçants, car ce sont eux qui connaissent le mieux leur territoire.

Un dernier message à faire passer à ceux qui hésitent à se lancer ?

Il faut oser, il faut se lancer ! Je trouve ça d’une simplicité incroyable. Les paiements, les versements, les virements, tout est hyper simple. On peut commencer par sectoriser ses dépenses, par exemple sur l’alimentaire, qui est un gros poste. Et puis, merci à tous ceux qui font vivre La Graine, c’est du temps, de l’énergie, mais c’est génial d’avoir des initiatives comme celle-ci. Moi, j’essaie de donner en contrepartie ce que je peux.